Dans un contexte de performance élevée, ce qui fait la différence n’est pas l’absence d’émotions, mais la capacité à les réguler de façon cohérente avec l’objectif à atteindre.
J’entends souvent dire que “gérer ses émotions, c’est être zen”. Ce n’est pas l’image que je renvoie dans ma pratique.
Pour moi, la régulation émotionnelle est une compétence précise, qui peut être évaluée, entraînée, répétée, et intégrée dans un cadre d’exigence.
Concrètement, cela signifie que nous travaillons sur la façon dont le système nerveux répond à un stimulus, comment il reconnaît une tension interne, comment il restructure l’attention vers une action utile, et comment il favorise une reprise d’équilibre rapide afin de continuer à performer sans s’épuiser.
Les neurosciences modernes montrent que des réseaux cérébraux impliqués dans la régulation émotionnelle, comme le cortex préfrontal médian et l’amygdale, peuvent être modulés par un entraînement régulier. Autrement dit, ce n’est pas seulement une question de volonté, c’est une question d’entraînement du système nerveux central.
Dans mes accompagnements, je ne cherche pas à supprimer les émotions, je cherche à transformer la relation qu’une personne entretient avec ses réactions internes. Cela passe par des protocoles ciblés, des répétitions, des retours d’expérience structurés, et une intégration progressive dans la vie quotidienne de la personne, qu’elle soit sur un terrain sportif, dans une salle de réunion, ou dans une prise de décision complexe.
C’est ce travail qui permet à un athlète de revenir de séries de compétitions sans perdre sa cohérence, à un dirigeant de continuer à penser stratégiquement malgré une pression importante, et à une personne engagée dans un projet de rester disponible mentalement malgré la fatigue.
Référence scientifique :
Ochsner, K., & Gross, J. (2005), The cognitive control of emotion, Trends in Cognitive Sciences, 9(5), 242–249.
https://doi.org/10.1016/j.tics.2005.03.010