Une trajectoire qui ne devait pas être celle-là
Mon parcours ne suit pas une ligne droite.
Il est fait de ruptures, de réajustements et de décisions contre-intuitives. Et c’est précisément ce qui a façonné ma manière d’accompagner aujourd’hui.
Très jeune, j’entre dans le sport de haut niveau. L’athlétisme m’apprend la rigueur, l’engagement, la discipline… mais aussi la réalité de la pression, des attentes et des limites du corps.
À l’adolescence, le sport devient un cadre structurant, mais il ne protège pas de tout.
Vers 18–19 ans, je traverse une période de rupture profonde.
J’ai le sentiment que toutes les portes sont fermées. Peu de repères, peu de confiance, une tension intérieure permanente. Je me lève avec la boule au ventre et l’impression de ne plus avoir de contrôle sur ma trajectoire.
À ce moment-là, une chose devient claire :
je n’ai pas d’autre option que de changer mon rapport à moi-même.
Je commence à lire, écouter, observer, tester. Des exercices simples, entendus dans des podcasts ou à la radio. Rien de spectaculaire, mais quelque chose change. Concrètement. Progressivement. Profondément.
C’est là que je comprends une chose fondatrice :
le mental a souvent plus de pouvoir que la réalité immédiate.
Ce travail sur moi ne reste pas théorique. Je l’applique, je l’expérimente, je le confronte au réel.
Et face aux résultats, une décision s’impose : ce domaine deviendra mon métier.
Ce choix est loin d’être évident.
Je suis timide, peu sûre de moi, pas à l’aise à l’oral, avec une autre langue que la mienne et un trouble de l’attention. Et pourtant, je décide :
Ces décisions vont à l’encontre de ce que j’étais “censée” faire.
Elles deviennent pourtant structurantes.
En parallèle de mes études, je développe mon activité de coach mentale et physique.
Depuis plus de huit ans, j’accompagne :
J’enseigne également dans des institutions reconnues, notamment dans l’enseignement supérieur et des structures internationales, où l’exigence de résultats est concrète et immédiate.
Ce terrain m’apprend une chose essentielle :
les outils n’ont de valeur que lorsqu’ils tiennent sous pression.
À 30 ans, je fais un autre choix contre-intuitif.
Je décide de revenir à la compétition, dans une discipline que je n’ai jamais pratiquée auparavant : le lancer de disque.
Pas par nostalgie.
Pas pour “revivre ce que j’étais”.
Mais pour me confronter à nouveau à l’exigence réelle, avec un autre regard.
Sans garantie.
Sans raccourci.
Avec une seule certitude : une structure mentale solide.
Depuis ce retour, je progresse chaque année, j’accède au haut niveau national et je poursuis aujourd’hui un projet olympique.
Ce parcours n’est pas un exploit.
C’est une démonstration concrète de ce que permet un mental construit, lucide et aligné.
Aujourd’hui, je suis à la fois :
Je jongle quotidiennement entre entraînement, travail, décisions, contraintes de temps, d’énergie et de vie personnelle.
Je vis les mêmes doutes, les mêmes arbitrages et les mêmes pressions que les personnes que j’accompagne.
Cette double posture m’ancre dans le réel.
Elle me pousse à chercher des solutions applicables, durables, adaptées à la vraie vie — pas à des modèles idéaux.
Rien n’est figé.
Ni un état, ni une identité, ni une trajectoire.
Le mental se travaille comme le corps :
par la répétition, l’adaptation, la lucidité et le temps.
Ce que l’on apprend à travers la performance dépasse toujours l’objectif initial.
Les compétences développées sont transférables à l’ensemble des domaines de la vie.
C’est cette conviction qui guide aujourd’hui mon travail :
aider chacun à construire une relation plus claire, plus stable et plus consciente avec lui-même, pour performer sans se perdre.